Non à l'expulsion des squats ! Le Collectif Alerte Occitanie mobilisé

Uriopss Occitanie

 

 

Non à l’expulsion des squats !

L’hiver approche, mais en France, chaque année, ce n’est pas l’hiver qui tue, c’est la rue !

Les associations signataires qui interviennent auprès des personnes en situation de grande précarité appellent solennellement les pouvoirs publics à ne pas mettre en œuvre les décisions d’expulsion de squats sans qu’une solution pérenne d’hébergement ou de logement ne leur soit proposée.

Des centaines de personnes sont aujourd’hui sans logement dans l’agglomération montpelliéraine. La plupart n’accèdent même pas à un hébergement d’urgence faute de places suffisantes sur le département. La situation n’est pas nouvelle, il y a deux ans déjà le préfet de l’Hérault pointait ce manque structurel de possibilités d’hébergement d’urgence.

Il dénonçait alors un taux d’équipement très bas dans l’Hérault : 4 places pour 1000 habitants en dessous du seuil de pauvreté alors que la moyenne nationale est de 7,9. Si des places nouvelles ont été créées, nous sommes encore loin des 400 places supplémentaires que le préfet appelait alors de ses vœux. De plus les besoins ont dans le même temps fortement augmenté aggravant encore la situation.

C’est pourquoi plusieurs centaines de personnes ont aujourd’hui trouvé refuge dans différents squats à Montpellier en particulier. Français, étrangers, demandeurs d’asile, mineurs et jeunes majeurs isolés, ces femmes, ces hommes, ces enfants quels que soient leur nationalité ou leur statut ont trouvé là le toit que personne ne leur offre.

Plus de 150 précaires à Luttopia 003 dans les anciennes archives départementales, près de 100 personnes boulevard Vieussens, etc. Il est difficile de déterminer très précisément combien de personnes vivent en squat mais ils sont aujourd’hui sans doute entre 400 et 500 à être dans cette situation sur la métropole.

Au-delà de la responsabilité morale ou humanitaire, l’Etat a l’obligation légale d’accueillir inconditionnellement toutes les personnes sans abri et en situation de détresse. Faute de moyens, il est très loin de remplir ses obligations.

Face à cette situation, nous, associations intervenant auprès des personnes en situation de précarité ne pouvons pas accepter que l’Etat envisage d’expulser ces lieux d’habitation sans qu’une solution pérenne ne leur soit proposée. Certes ces occupations sont souvent jugées illégales par la justice, certes les conditions de vie sont loin d’y être idéales, mais elles valent mieux que la rue.

Tant que l’Etat n’est pas en mesure d’assumer ses obligations nous lui demandons de suspendre l’exécution de ces décisions. Alors que la trêve hivernale approche, nous ne pouvons accepter que des dizaines ou des centaines de personnes soient à nouveau jetées sur les trottoirs.

 

Signataires :
ANPAA Occitanie, APF France Handicap, AREA, ATD Quart Monde Montpellier, COORACE Occitanie, Fédération des Acteurs de la Solidarité, FAPIL, Fondation Abbé Pierre, Gestare, La Cimade, Ligue des Droits de l’Homme 34, Médecins du Monde, Réduire Les Risques, Secours Catholique délégation de l’Hérault, Secours Populaire Français 34, URIOPSS Occitanie

 

Contacts presse :

Sylvie CHAMVOUX, Fondation Abbé Pierre, schamvoux@fondation-abbe-pierre.fr, 06 11 45 02 17

Damien NANTES, Médecins du Monde, damien.nantes@medecinsdumonde.net, 06 59 99 23 08

Nolwenn RIVIERE, URIOPSS Occitanie, n.riviere@uriopss-occitanie.fr, 05 34 64 39 78

 

 

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